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dimanche 23 juin 2013

Janol Apin le polisson

 
Calme plat au niveau culturel en ce moment. Travaux de l'appart obligent. Alors cette semaine je vais vous parler d'un artiste qui n'a pas vraiment d'actualité en ce moment mais que j'aime bien et que ma plus fidèle lectrice m'a remis en mémoire récemment. Il s'agit de Janol Apin, un photographe comme je les aime, tel Philippe Ramette ou Pierre Javel, car il porte un regard amusé et décalé sur les choses. 

Sa série la plus célèbre est "Métropolisson" réalisée entre 1993 et 1997 prenant au pied de la lettre les noms de stations de métro, qui a fait l'objet d'un livre et fait encore parler d'elle 15 ans plus tard. La série "les ptits vélos" mettant en scène des cyclistes miniatures en décors réels datent de la même époque, ainsi que l'osée "le tour de Marie-France" dans laquelle les mêmes petits vélos découvrent le corps féminin. Etant passionné de vélo ils organisent d'ailleurs chaque année des courses de vélos miniatures avec des billes. Il a même été n° 4 aux qualifications parisiennes du Mondial des Billes et 12ème mondial !

Janol Apin a une vrai formation de photographe. Il a d'abord obtenu un diplôme de technicien de labo photo à l'Institut Audiovisuel (1988) puis un diplôme de portraitiste classique et une maîtrise de photographie à la chambre des métiers de Paris (1992). Il a commencé par être technicien/tireur pour l'AFP, l'Express et d'autres agences et fait son premier reportage sur la chute du mur de Berlin en 1989. Un de ses premiers travaux est "Comicalo" (1991), une série dans laquelle il demande à des artistes comiques de se mettre en scène avec de l'eau.

Ces dernières séries : gueules de mer (photo de poissons brute sur fond peint) et Chapel Noz (photos de nuit de chapelles bretonnes), série qui tranche avec les séries précédentes car il s'agit d'esthétique et de technique pur. Il n'y a pas le décalage habituel. Aurait-t-il grandit un peu et serait-il devenu plus sérieux ? Mystère car son dernier travail est sous le secret absolu.

La série Métropolisson en vidéo


 La série "les P'tits vélos"








samedi 20 avril 2013

Ah ! les vaches de Boudin

Boudin. Derrière ce nom pas très sympa se cache un très grand peintre. Je l'avais découvert au Muma  - Musée André Malraux situé en bord de mer dont je vous recommande chaudement la visite - lors d'un petit séjour au Havre. On peut y admirer un grand nombre de chefs d'oeuvre impressionnistes (Monet, Renoir, Pissaro, Degas) et une très grande collection de Boudin, star locale, dont un mur entier de petits tableaux-esquisses représentant des vaches normandes qui m'ont vraiment plus. Je m'étais vraiment demandé pourquoi ce super peintre était si peu connu.

C'est donc avec un grand enthousiasme que je suis allée voir la rétrospective qui lui est consacrée au Musée Jacquemart André, à Paris. Je passe sur les conditions de visite qui m'exaspèrent de plus en plus, l'affluence ne cessant de croitre et même en dehors des week end ! Donc un conseil ne faites pas l'impasse sur la réservation en ligne. 

Eugène Boudin a tout simplement ouvert la voie à l'impressionisme - excusez moi du peu - en privilégiant la peinture en plein air (il n'aimait pas du tout peindre en atelier) et en mettant à l'honneur les scènes de genre. tels que les scènes de plage. Son disciple Monet ne dit-il pas "je dois tout à Boudin !". Il est aussi et surtout connu comme le peintre des ciels et de la lumière. C'est d'ailleurs lui qui le premier fera des séries de tableaux en jouant avec elle. 

Ce que j'aime surtout chez ce peintre, ce sont ses esquisses, que je trouve beaucoup plus belles que ses toiles abouties. A l'expo il y en a peu et il n'y avait qu'un seul tableau de vache. J'ai surtout flashé sur ses scènes de plage à Honfleur (sa ville natale) ou à Deauville, magnifique ! ou celles avec des pêcheuses et des laveuses! et puis ses ciels c'est vraiment quelque chose ! J'ai aimé aussi certains tableaux de ses voyages dans le sud. Je suis moins fan de ses marines trop chargées à mon goût. 

Je joins quelques photos mais franchement ça ne donne rien. Du Boudin ça se voit en live pour que la magie opère !







Expo à Jacquemart André jusqu'au 22 juillet : pour réserver

vendredi 15 mars 2013

Les Minimiams à la MilkFactory !

Petit message avant de m'envoler pour des vacances fort méritées sous le soleil sicilien ..

Si vous avez gardé une âme d'enfant, il y a une petite expo que je vous recommande chaudement. C'est à la Milk Factory, à deux pas de chez moi. La Milk Factory est une galerie créée en 2010 rue Paul Bert dans le 11e et dédiée aux produits laitiers. Bien sûr derrière la galerie il y a la Collective des Produits Laitiers qui en profite pour faire sa pub mais c'est souvent un espace de création assez pointu et plutôt intéressant.

L'expo du moment c'est "Au pays du lait, Ballade des Minimiams".  Les Minimiams je vous en ai déjà parlé dans ce blog, ce sont les fameux petits bonhommes de train mis en scène autour de la nourriture, je les suis depuis leurs débuts en 2002. J'adore ! A l'occasion du vernissage de l'expo j'ai pu enfin rencontrer mon idole, le père des Minimiams, Pierre Javelle en personne et sa fidèle femme accolyte Akiko Ida. Quel plaisir de discuter avec eux et de se faire expliquer leur travail. Ils ont recréé tout un univers autour du thème du lait (bouteilles, packs, pailles, bouchons, etc.., fromages) avec l'aide des artistes graphistes Ich&Kar et y ont intégré leurs fameux petits bonhommes sans se départir de leur humour habituel. Le résultat est étonnant et vraiment magique. Un univers qui laisse rêveur ... A découvrir .. et si vous trouvez le petit chien faites nous signes nous l'avons cherché en vain. En revanche nous avons trouvé l'aigle. Et "ça c'est fort" a dit mon nouvel ami Pierre !







Les minimiams à l'oeuvre 


Milkfactory, 5 rue Paul Bert, Paris 11 - exposition jusqu'au 18/05/2013 - voir le site
Les Minimiams - voir le site

samedi 9 mars 2013

Liu Bolin le caméléon

Liu Bolin, vous connaissez ? C'est un artiste chinois incroyable ! Je tenais absolument à aller voir son expo visible dans la galerie parisienne Paris-Beijing mais lorsque j'y suis arrivée ce matin ils étaient en train de remballer les oeuvres direction Bruxelles où l'expo se poursuit. J'ai pu heureusement en voir quelques unes et discuter avec le galeriste qui nous en a dit un peu plus sur l'artiste. Le truc de Liu Bolin c'est de se fondre dans le paysage. Il se tient debout devant un décor - la plupart du temps naturel mais parfois aussi en studio - et se fait peindre dessus jusqu'à ce qu'il disparaisse dans le paysage. Le galeriste - qui s'avère être celui qui a peint l'artiste pour la plupart des photos réalisées à Paris dont celle dans la vidéo ci-dessous - nous a confié que parfois les pauses pouvaient durer 4 heures d'affilées et que c'était très éprouvant, tant pour l'artiste poseur que pour le peintre.

A l'origine, Liu Bolin, diplômé des Beaux Arts de Beijing, est sculpteur. Mais en 2005, le gouvernement chinois fait raser tout un complexe d'ateliers d'artiste dont le sien (cf la 1ère photo de la série au milieu des ruines de son atelier). A partir de là il utilisera son art comme un moyen de protestation, et en particulier pour dénoncer les effets pervers du fort développement économique de la Chine et des conséquences désastreuses au niveau social (cf sa série "hiding in the city"). 8 ans plus tard, ses photos sont beaucoup moins politiques mais de plus en plus sophistiquées. Je vous laisse découvrir. Ouvrez bien vos mirettes car vous verrez que parfois ce n'est pas évident de le voir (cliquez sur une photo pour avoir le diaporama). 5 à 10000 € la photo avis aux amateurs !













Pour en voir encore plus cliquer ici ou encore

dimanche 13 janvier 2013

New Art Fair Paris 2013

Jeudi soir je suis allée à la première édition de la New Art Fair, pour laquelle j'avais reçu une invitation. Localisée à l'Espace Cardin à Paris, cette nouvelle foire de l'art contemporain remplace plus ou moins l'AAF (Affordable Art Fair) dont j'avais déjà parlé dans mon ancien site (cliquer ici pour voir). Plus de 30 galeries (essentiellement européennes) exposent peintures, photos, sculptures et autres oeuvres d'art, à des prix abordables dans une ambiance plutôt conviviale, à l'opposé donc de grande soeur, la très guindée et m'as tu vu FIAC qui a lieu en octobre. Néanmoins comme à la FIAC le spectacle est autant dans la salle que sur les murs. Les ultra branchés de Paris peuvent sortir leurs tenues les plus déjantées sans crainte du ridicule.

On y a fait quelques retrouvailles et des découvertes. Dans la catégorie "retrouvailles" d'artistes que j'aime bien, il y a Willy Rojas de la galerie espagnole Villa Arte, vu et revu, il ne se renouvelle guère mais je suis toujours aussi fascinée par le rapport grand / petit (cliquer ici pour voir). L'artiste est originaire de Bogota et réside à Barcelone. Nous avons retrouvé également avec plaisir les photos du frenchy Marc Harrold, représenté lui aussi par la galerie Villa Arte. Il travaille beaucoup sur l'ombre et la lumière. Il prend des photos à des moments différents du jour et bricole ses petits montages sur Photoshop. Ses séries sur les plages sont les plus caractéristiques. Il s'en dégage une belle émotion je trouve. Il vient de s'installer à New York et apparemment il commence à bien marcher outre-atlantique.

Dans la catégorie "découvertes" F et moi avons bien aimé Claude Roegiers et sa série "traveling still", de vieilles photos d'archive retravaillés dans des camaïeux de blanc. En vrai c'est très beau (ça ne rend pas trop en photo). En peinture je n'ai pas vraiment eu de coups de coeur, j'ai bien aimé quelques petits dessins mais je n'ai pas retenu les noms des artistes.




Je les reconnais, ce sont les petites maisons de la plage de Ravenoville dans le Cotentin !





Nous avons aussi eu droit à une performance du street artist Jef Aerosol qui nous a pondu un tableau de Joe Strummer en direct live !






dimanche 6 janvier 2013

Paris Vs New York

 Si vous avez reçu de belles étrennes, je vous conseille ce très beau livre sorti en poche l'année dernière et réédité en version grand format aux éditions 10 18 : Paris Vs New York. On en avait entendu parler dans l'excellente émission-reportage d'Antoine De Caunes "En tatanes à Manhattan" captée par magie sur Canal +. J'aimerais bien d'ailleurs voir les autres aventures de l'énergumène De Caunes à travers les autres villes diffusées les années précédentes sur la chaine câblée : "allons donc à London", "allez LA", "en berline à Berlin", "Toqué de Tokyo" et "Baba de Barcelone" .. tout un programme !

Mais revenons au livre. Vahram Muratyan, un graphiste-designer parisien amoureux de Paris et New York, a eu la belle idée de comparer les deux villes au travers de dessins épurés et colorés. Ses dessins ont d'abord été publiés sur son blog en 2010 (un dessin par jour) et ont rencontré un tel succès que les éditions 10 18 et Penguin aux US l'ont contacté et proposé d'en faire un livre. Et l'histoire continue car les dessins du livre ont depuis fait l'objet d'un montage vidéo réalisé par Tony Miotto. Une expo a même été montée par l'incontournable Colette, le temple de la branchitude de la rue Saint-Honoré et je note que chaque image-tableau tirée sur aluminium est offert en vente en exemplaire numéroté au prix de 500 EUR sur le site de Colette. On peut aussi les commander en affiche pour 35 USD. Bref une authentique success story dont on rêve tous. Ca aurait tout aussi pu être F non ? après tout ils sont parisiens tous deux et font le même métier ?

Petite sélection :








La vidéo

L'interview + encore d'autres dessins


Le blog de l'auteur

Bonne Année à tous ! 

dimanche 18 novembre 2012

Hello la Gaîté Lyrique

Connaissez-vous la Gaîté Lyrique ? C'est un ancien théâtre situé tout près des Arts et Métiers à Paris (le théâtre de la Gaîté créé à la Révolution et rebaptisé Théâtre de la Gaîté Lyrique en 1907) et qui a été reconverti en centre dédié aux arts numériques et aux musiques nouvelles. Je n'avais pas eu l'occasion d'y aller depuis son ouverture en mars 2011 et c'est maintenant chose faite, à l'occasion d'une exposition qu'on peut voir encore jusqu'au 31 décembre : Hello™ H5.

Avant de parler de l'expo un mot sur le lieu qui mérite une visite à lui seul. Le théâtre a été complètement refait sous l'impulsion de Delanoé, à l'exception de la façade, du hall d'entrée et du foyer de l'Impératrice Eugénie, tous classés en 1984. Le foyer - magnifique - a été transformé en un café très agréable où nous avons fait une pause gourmande bien méritée. Le reste du bâtiment abrite outre des salles de concert, studios, auditorium, un espace dans lequel on peut accéder librement à des jeux vidéos (top!), un coin bibliothèque avec livres dédiés à la culture numérique ainsi qu'une boutique avec plein de petits objets rigolos et originaux dont on peut avoir un aperçu sur leur site.
(Attention le site n'ouvre jamais avant 14 heures. )

Le café
Enfin l'espace expo d'une surface de 1000 m2. L'une des expos du moment est Hello™ H5. Le collectif d'artistes H5 a investi le lieu en montant tout un parcours ludique autour de la création fictive d'une entreprise (Hello). En fait c'est un peu difficile à expliquer et un peu déroutant au début, et puis finalement au fur et à mesure des installations tous prend de son sens. C'est original et assez incroyable car les H5 sont allés loin dans leur délire mais je n'en dirais pas plus. 
NB : ça peut se faire sans problème avec des enfants.

Vous connaissez certainement déjà le Collectif H5 car l'une de leur (géniale !) création a pas mal circulé sur la toile : le "logorama" qui met en scène toutes les marques de la planète ou presque avec beaucoup d'humour (à voir absolument ou à revoir). Ils font des truc supers.



Votre "serviteuse" qui se prend pour un oiseau